CPF 2027 : vers un reste à charge majoré, que prévoit le budget ?

Le CPF va-t-il coûter plus cher en 2027 ? Le gouvernement a déposé le projet de loi de finances le 1er octobre 2026. Or, ce texte vise déjà les formations commandées depuis le 1er octobre 2026. Autrement dit, des inscriptions que vous faites aujourd’hui pourraient entrer dans son champ, alors que les parlementaires ne l’ont même pas voté.

Pas de panique, mais pas de désinformation non plus. Ainsi, dans cet article, nous séparons trois choses que la presse mélange souvent : ce qui est déjà en vigueur, ce que propose l’article 89 du budget 2027, et ce qui reste à décider par décret et par arrêté. Enfin, nous regardons ce que cela peut signifier pour les certifications de langues.

Aujourd’hui

La participation obligatoire est de 150 € par dossier (décret du 30 mars 2026).

Dans le projet de budget

Une majoration pour les formations hors priorités, dès les demandes du 1er octobre 2026. Le texte n’écrit pas son montant.

Statut

Aucun vote n’a eu lieu. Décret et arrêté restent à publier.

Le CPF 2027 en un coup d’œil

Trois statuts : ne mélangez pas ce qui s’applique, ce que le texte propose et ce qui reste ouvert.

EN VIGUEUR

150 € par dossier

Plafond de 1 500 € pour le répertoire spécifique

DANS LE PROJET

Base + majoration

Demandes depuis le 1er octobre 2026

À FIXER

Montant et liste

Décret et arrêté à publier

Aujourd’hui : 150 € par dossier

Pour comprendre la réforme, il faut d’abord regarder la règle actuelle. Depuis avril 2026, tout titulaire qui mobilise son compte personnel de formation (CPF) règle une participation obligatoire de 150 €. En effet, elle découle du décret n° 2026-234 du 30 mars 2026. Le titulaire la règle à chaque inscription, quel que soit le prix de la formation : que le dossier coûte 400 € ou 1 400 €, il paie la même somme.

Le principe est simple : l’État veut que chaque bénéficiaire contribue à son projet, afin que chacun utilise le CPF à bon escient. Concrètement, le titulaire paie cette somme lui-même, au moment de la réservation de la formation.

Qui n’a rien à payer aujourd’hui ?

les demandeurs d’emploi, pour les formations prévues par les textes ;

les salariés dont l’employeur abonde le CPF au-delà des droits inscrits ;

quelques situations précisées par la loi.

Les certifications de langues suivent la même règle que les autres formations : elles relèvent du répertoire spécifique, et un plafond de 1 500 € par dossier s’applique depuis 2026. Or, les certifications CLOE figurent à ce répertoire : elles entrent donc dans ce cadre.

Ce que prévoit l’article 89 du budget 2027

Le projet de loi de finances pour 2027 contient un article 89 consacré au « Renforcement de la participation des titulaires au financement de leur formation dans le cadre du compte personnel de formation ». Son idée centrale : on passe d’un montant unique à une participation de base, que l’on majore pour les formations qui ne correspondent pas à des cas jugés prioritaires.

AUJOURD’HUI

150 € pour tous

Un montant unique, sauf exceptions.

PROJET – NON VOTÉ

Base + majoration

Majoration pour les formations hors priorités. Le texte ne précise pas le montant.

Quatre situations sans majoration

Toutefois, le texte prévoit que la majoration ne s’applique pas dans quatre grandes situations. La participation de base, elle, reste due, sauf dans les cas d’exonération existants :

les demandeurs d’emploi : la majoration ne les concerne pas ;

les formations qu’un tiers cofinance (employeur, région, opérateur de compétences, etc.) à hauteur d’au moins le montant de la participation ;

les projets de transition professionnelle ;

les certifications menant directement à un métier en tension de recrutement ou à un secteur prioritaire (défense, industrie, souveraineté alimentaire, transition écologique, numérique, médico-social), à condition qu’elles correspondent à l’objectif professionnel renseigné par le titulaire.

Ensuite, un décret doit fixer les critères pour identifier ces certifications « en tension » ou « prioritaires ». Puis le ministre chargé de la formation professionnelle arrêtera la liste. Or, à ce stade, ni le décret, ni l’arrêté, ni la liste n’existent.

Un abondement à portée de main

L’article 89 prévoit aussi que le titulaire ne paie pas la participation lorsqu’un financeur tiers abonde le dossier à hauteur d’au moins son montant. Le texte modifie par ailleurs la liste des financeurs tiers pour y viser un organisme consulaire. Pour les entreprises, c’est donc un levier concret du CPF : un abondement bien calibré peut éviter la majoration à leurs salariés.

Le questionnaire et le conseil en évolution professionnelle

?
Par ailleurs, le projet prévoit un questionnaire de préparation du projet de formation. Le titulaire y précise ses objectifs, les débouchés visés, le lien avec son parcours et le financement. Si le projet paraît insuffisamment construit, le titulaire pourra passer par un conseil en évolution professionnelle (CEP), ou choisir de mobiliser son CPF en payant une participation plus élevée.

Cette logique change donc la nature du CPF. Selon l’exposé des motifs, le dispositif passerait d’un financement de formation à un véritable accompagnement du projet professionnel. En revanche, le critère du projet professionnel renseigné en ligne ne s’appliquerait qu’à partir du 1er janvier 2028.

350 M€ ou 350 € ? Ne confondez pas

Deux chiffres « 350 » circulent dans la presse. Ils n’ont rien à voir : l’un est une économie pour l’État, l’autre un montant que chaque titulaire paierait.

350 M€

350 millions d’euros

économie pour l’État

350 €

350 euros par dossier

annoncé à l’oral

350 M€ : le chiffre du budget de l’État

Ce que c’est : une économie globale. La réforme du CPF doit faire dépenser 350 millions d’euros de moins à France compétences en 2027. Elle s’inscrit dans un total de 667 millions d’euros d’économies (CPF + missions de France compétences).

Où le lire : l’exposé des motifs de l’article 89 du projet de loi de finances 2027.

Ce que ça ne dit pas : combien paiera chaque titulaire. Le texte ne lie aucun montant par dossier à ce chiffre.

350 € : un montant cité à l’oral

Ce que c’est : la somme que le ministre du Travail a évoquée pour la participation majorée, dans le cas de projets très éloignés d’un projet professionnel (LCP a relayé cette déclaration).

Où le lire : nulle part dans le texte de loi. Un décret fixera le montant de la majoration.

Ce que ça ne dit pas : que la décision est prise. Personne ne l’a voté, publié ou officialisé par décret.

Pour s’y retrouver

Aujourd’hui : 150 € par dossier (décret n° 2026-234 du 30 mars 2026).

350 M€ : l’objectif d’économie de l’État. Ce n’est pas un prix.

350 € : un ordre de grandeur annoncé à l’oral. Ce n’est pas encore une règle.

Et pour les formations en langues ?

Le texte ne cite pas les langues. Leur sort dépendra du décret et de l’arrêté à venir.

1

Un plafond déjà là

Les certifications de langues relèvent du répertoire spécifique, avec un plafond de 1 500 € depuis 2026. C’est le cas des certifications CLOE.

2

L’abondement, une piste

Selon l’article 89, le titulaire ne paie pas la participation quand un financeur tiers (employeur, région, OPCO…) abonde au moins son montant.

3

L’examen au centre

Depuis la loi du 25 juin 2026, l’inscription à l’examen conditionne l’usage du CPF. Le titulaire doit rembourser une absence non justifiée.

Pourquoi les langues sont un cas à part

Une certification de langue ne mène pas toujours « directement » à un métier précis. En effet, elle sert de passeport : pour décrocher un poste dans l’international, accéder à une mobilité, évoluer dans un groupe, ou valider un niveau exigé par un employeur. C’est précisément pour cela que le critère du projet professionnel renseigné sera à surveiller de près : plus l’objectif sera clair, plus le lien entre la certification et le parcours sera facile à démontrer.

Faut-il pour autant s’inquiéter ? Pas à ce stade. Le texte ne dit pas que la majoration touchera les langues. Il dit seulement qu’elle touchera les formations qui ne relèvent pas des cas favorables, et il renvoie la définition des certifications « prioritaires » à un décret et à un arrêté. Donc, tant que ces textes n’existent pas, personne ne peut affirmer de quel côté les certifications de langues se situeront.

Le calendrier à surveiller

1er oct.
2026

Date visée pour les demandes de souscription

D’ici
fin déc.

Débat parlementaire sur le budget

Après
le vote

Décret et arrêté : montant, critères, liste

1er janv.
2028

Projet professionnel renseigné en ligne

Deux précisions utiles. D’abord, la date du 1er octobre 2026 vise les demandes de souscription : elle n’a d’effet que si les parlementaires adoptent l’article tel quel. Ensuite, l’exposé des motifs justifie cette rétroactivité par la volonté de « limiter les effets d’aubaine », c’est-à-dire les achats de formation anticipés avant l’adoption définitive du budget.

Que faire maintenant ?

Particuliers

Clarifiez votre objectif professionnel : le futur questionnaire le demandera.

Demandez un cofinancement à votre employeur.

Ne vous précipitez pas : les parlementaires n’ont encore rien voté.

Entreprises

Un abondement au moins égal à la participation évite la majoration.

Reliez chaque formation de langue à un besoin métier documenté.

Suivez le décret et l’arrêté à venir.

Un conseil de méthode, pour les deux profils : gardez une trace de votre projet. D’un côté, pour un particulier, c’est la formulation de l’objectif (poste visé, mobilité, évolution). De l’autre, pour une entreprise, c’est le besoin métier que la formation soutient : poste exposé à l’international, clients étrangers, mobilité interne. Ces éléments serviront donc quelle que soit la règle que l’on retiendra finalement.

Questions fréquentes

La participation est-elle déjà passée à 350 € ?

Non. Le montant en vigueur est de 150 €. En effet, les parlementaires n’ont pas voté le projet de budget, et il ne fixe pas de montant.

Une formation commandée maintenant peut-elle être concernée ?

Si les parlementaires adoptent le texte tel quel, il vise les demandes de souscription à compter du 1er octobre 2026.

Mon employeur peut-il payer la participation ?

Oui, aujourd’hui l’employeur peut prendre en charge les 150 €, sans obligation. De plus, avec l’article 89, un financement tiers au moins égal à la participation écarterait aussi la majoration.

Les certifications de langues sont-elles toujours éligibles au CPF ?

L’article 89 ne modifie pas l’éligibilité des certifications inscrites au répertoire spécifique. Il agit plutôt sur la participation que l’on demande au titulaire. Or, les certifications CLOE figurent à ce répertoire.

Quand saura-t-on ce qui s’applique vraiment ?

On le saura après le vote du budget, puis à la publication du décret et de l’arrêté. C’est à ce moment-là que l’on connaîtra les critères, les montants et la liste des certifications.

Anglais, espagnol, allemand, italien, portugais, FLE : trouvez le bon niveau et le bon centre, avant que les règles ne changent.

Préparez votre certification en langues avec CLOE

Contacter l’équipe >
Trouver un centre >

Sources

Service-public.fr : participation obligatoire de 150 €

LCP : budget et CPF, déclarations du ministre

Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, article 89 et exposé des motifs. Informations à jour au 6 octobre 2026.

Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.